19 juin 2026

Je sors de la médiathèque où je suis allé ramener des livres et en sortir d’autres de manière à avoir mon esprit occupé pour combler les journées parfois trop longues. Et, surprise, je vois sur un présentoir que le livre de Siri Hustved dont j’ai parlé plus haut est disponible. Et contrairement à ce que j’ai pensé alors, je me suis décidé assez rapidement à le prendre me disant que, de toute façon, je peux tout aussi bien ne pas le lire. Mais arrivé à la maison j’en lis les premières lignes et immédiatement je suis bloqué. Je n’arrive pas à avancer dans la lecture tant les émotions remontent à la surface. J’ai l’impression que j’aurais pu écrire les mêmes choses mais que maintenant c’est trop tôt et trop tard car je suis incapable de prendre suffisamment de recul et parce qu’il aurait fallu que je le fasse immédiatement après la mort de Line. Bien évidemment je ne me compare pas à Siri Hustved, je fais simplement une analogie avec ce que finalement nous avons vécu de commun, la perte d’un mari pour elle, de ma femme pour moi, dans des conditions pratiquement similaires. Je crois qu’en fait, j’ai peur de ne pas avoir été aussi présent au chevet de Line que Siri dit l’avoir été auprès de Paul et peut être que je culpabilise un peu. J’écris cela à chaud. Je vais poser le livre sous la pile des autres livres sortis de la médiathèque et voir venir.